Brain Dating

Ici, vous pouvez trouver le projet de Roman, Brain Dating. Une histoire dans l'univers de la science-fiction et de la romance. Je tiens à préciser que c'est la première fois que je me lance dans cette aventure.

 

Ecriture :

Guillaume Chevrier (Artekyon)

Marianne David (Sadika)

 

Synopsis : En 2017, un nouveau projet scientifique voit le jour, cela consiste à transférer le cerveau d’une personne dans le corps d’une autre. Il faudra attendre 2024 pour voir les premiers test sur des rats, puis sur des chimpanzés, les résultats sont très concluant et c’est en 2032 que les tests se tourneront vers l’homme. Cependant, les scientifiques se posent tout de même la question, la personne qui recevra le cerveau, sera-t-il la même personne ou sera-t-il l’ancien propriétaire du cerveau ?

BRAIN DATING

 

 

 

 

 

 

I






En 2017, nous pensions tout savoir du corps humain, excepter le cerveau. Cette partie du corps est extrêmement compliquée à comprendre. Les scientifiques cherchaient à savoir si il était possible de transférer le cerveau d’une personne vers le corps d’un autre. Ils se posèrent aussi la question de savoir si le cerveau transféré aurait la conscience de l’ancien corps ou du nouveau. Cependant des scientifiques ont tenté de percer cette impossibilité. Ainsi, voit naître un projet dans la discrétion la plus totale. Le projet Brain dating. Il faudra attendre 2024 pour voir le premier prototype humain voir le jour. Et cette personne, vous l’avez deviné, c’est moi.

 

Vous ne me connaissez pas, mais par chance, je me connais … Enfin jusqu’au moment où je perdis mon corps. Je me nommais Mathias Middleton, mais pour faire plus simple, on m'appelait Matt. J’étais en FAC de psychologie pour pouvoir intégrer la folie de psychologue. Je vais vous raconter ce qui s’est passé deux jours avant le drame.

J’étais avec mon meilleur ami dans notre chambre d’étudiant. Il s’appelait David, une personne un peu perdue et assez molle, mais  tout de même sympa. A ce moment je lui récitais ma lettre de motivation pour entrer dans une école réputée. Cela se résumait à ça :

 

“Bonjour, je me présente, je suis Mathias Middleton, 21 ans, jeune étudiant en psychologie, mon objectif est d’atteindre le doctorat pour entrer dans le monde des psychologues. Je suis très déterminé à y arriver et mes notes ne disent pas le contraire.”

 

        C’est plus que moyen, n’est-ce pas ? Ce fut aussi l’avis de David qui partit aussitôt en cours pour dormir. C’était sa philosophie … Pour ma part, j’avais du temps libre, j’en ai donc profité pour aller boire un petit café dans le Starbuck du coin. Nous pouvons dire que le changement de ma vie va débuter ici. Pas à cause d’un café, non, mais à cause d’une fille. A peine posé devant une table, le café encore chaud dans ma mains, une feuille blanche sur la table et un crayon dans l’autre main, une silhouette féminine entra dans le café. Ses talons faisaient un bruit assez strident, comme tout talon en faite … Elle était assez jolie. Sa chevelure brune et bouclée au niveau des pointes, allait jusqu’à ses reins. Elle portait des lunettes à branches noirs. A travers ses lunettes, on pouvait apercevoir de magnifiques yeux verts clairs. Elle s’approcha de moi, en enlevant délicatement sa veste en cuir noir et posa ses fesses sur le fauteuil juste en face de moi. Elle se mit alors à me parler.

 

  • Désolé, je ne t’ai pas demander si ça te dérangeait que je m'asseye ici.

 

       L’intensité de sa voix était mélodieuse. Je restais bêtement devant elle à ne rien dire. Elle me regardait et se mit à parler de nouveau :

 

  • Ça ne va pas ?

       

  • Hein ? Euh … Non, non …, dis-je, perdu. Enfin si ça va, mais non, vous ne me dérangez pas du tout.

 

    Juste après ce moment assez gênant, il faut le dire, elle regardait ce que je faisais en s'interrogeant . Puis elle se lança :

 

  • Je suis curieuse, que fais-tu ?

       

  • Oh rien, une simple lettre de motivation, j’ai l’intention de changer de FAC, dis-je tout bas, concentré dans mes idées.

       

  • Quel genre de FAC ? me demanda-t-elle

       

  • Une FAC de psycho, les études des fous, dis-je en plaisantant.

       

  • Ah OK. C’est pas pour moi ce genre de truc. Le comportement humain et tout ce bazar, c’est trop complexe.

 

Je me mis donc à regarder ma montre. Non pas que je voulais partir le plus vite possible de ces lieux et laisser cette fille. C’est simplement le fait que j’avais cours dans quelques minutes et que je suis du genre très ponctuel. Je commençais à réunir mes affaires et m'apprêtais à partir. Mais juste avant de me lever, elle demanda mon nom, puis se présenta à son tour, Sophie Davos.

Suite à ces brèves présentations, elle m’avait proposé un rendez-vous à la même heure, au même lieu, le lendemain. Je ne lui ai pas vraiment donné de réponse précise mais elle comprit tout de même que cela était un “oui”.

Après être sortie du café, je regardais de nouveau ma montre … En retard. Pour la première fois durant mon année scolaire, j’allais être en retard. J’ai donc couru le plus vite possible jusqu’à la FAC. Durant ma course, un point de côté se déclencha et me fit ralentir mon rythme. J’avais eu dix minutes de retard, le front inondé de sueur et les jambes fatiguées. Par chance, je n’ai pas raté grand chose. Le professeur était en train de faire un résumé du cours d’avant. Par habitude, je me mis à côté de David, sachant pertinemment que je n’allais pas suivre tout le cours.

       

  • Toi, en retard ? s’étonna mon ami. Je t’attend depuis 10 minutes !

       

  • Oh ça va hein,je suis allé boire un café. Un très bon café je dois dire…

       

  • Comment ça ? Me demanda-t-il d’un air suspicieux.

 

J'eus envie de le laisser attendre un moment, jusqu’à ce que ses claquements de langue me prouvent son impatience.

 

  • J’ai rencontré une fille, très sympathique, mais juste un peu bavarde.

       

  • Oh toi, t’as eu le coup de foudre, je me trompe ?

       

  • Mais n’importe quoi toi, j’ai autre chose à faire que de penser à l’amour, dis-je légèrement gêné.

 

  • Oh le petit coquin, avoue qu’elle te tenterait bien !

 

  • Ah mais c’est pas ça, c’est juste que…

 

  • Oh, je vous dérange pas là, c’est bon ? Cria le professeur. J’accepte que l’on parle durant mon cours à condition que le volume de votre voix ne dépasse pas celui de la mienne !

 

  • Pardon monsieur, s’exclama David au même moment que moi.

       

Un long silence s’installa alors entre nous, que David fini par briser après quelques minutes.

 

  • Alors, c’est quoi la prochaine étape ?

       

  • Le comportement humain.

       

  • Hein ? De… Quoi ? Mais non je te parle de la fille, pas du cours !

       

  • Ah ! Euh… Je la revois demain, dans le même café.

  • Oh, t’aurais pas un talent caché avec les femmes toi ? Me dit-il d’un air taquin.

 

  • Non, juste beaucoup de chance… Et moins de paresse que toi !

 

La sonnerie retentit alors, interrompant notre conversation. David se leva de sa chaise et exprima haut et fort sa joie après avoir fini sa journée de cours pour ensuite aller dormir de nouveau …

Nous quittâmes donc la salle de cours pour nous diriger vers notre chambre. David s’étala sur son lit et commença à ronfler environ 10 minutes plus tard. Quant à moi, la nuit me parut particulièrement longue, avec un sommeil agité. Sûrement le stresse du rendez-vous du lendemain…

La matinée se déroula sans accrocs ni événement marquant et ainsi approcha le moment fatidique du rendez-vous.


Sur la route, je me sentais stressé. C’était la première fois qu’une fille m’abordait aussi rapidement. Je tentais, malgré tout, de me calmer. Mais en arrivant près du café, je vis au loin Sophie, de l’autre côté du trottoir. Il y avait peu de circulation ce jour là. Mon stresse monta de nouveau. Cependant, je me focalisais sur ses vêtements pour me changer les idées. Elle était habillée d’une très belle robe noir corbeau, s’arrêtant au genou. A ses jambes, je pu apercevoir un collant noir peu opaque. Elle s’était même attaché les cheveux avec un petit foulard rouge, tout en gardant ces petites boucle à la pointe de ses cheveux. Elle  tourna ses yeux vert vers moi et se mit à m’appeler. Ces yeux brillaient de joie. Elle décida de traverser la route en faisant de tout petits sauts. Mais alors qu’elle arriva vers le milieu, j’aperçus une voiture arriver au croisement, à une vitesse assez élevée. Je me mis donc à courir et à hurler vers Sophie pour l’écarter de la route. Je pu la rattraper. Malheureusement, il était trop tard. J’entendis le frottement des roues de la voiture gratter le sol durant le freinage. Puis soudain le noir …

 

 

 

 

 

 

 





Quand je me suis réveillé, je me suis senti perdu. J’avais terriblement mal. Je ne pouvais plus bouger. J’entendais au loin des sirènes et des voix, de plus en plus audibles. Ça parlait dans tout les sens, les ambulanciers, les pompiers et autres citoyens. Je ne comprenais pas tout, on me disait de tenir le coup. Puis j’ai eu l’impression d’entendre une terrible nouvelle.

 

  • Le choc a été rude, je crois qu’elle est morte.


Je ne voulais pas y croire, je l’appelais tout de même, mais on ne pouvait pas m’entendre et je ne m’entendais pas moi même. Je sentis qu’on me transportait, même si je n’arrivais plus à sentir mon corps. Je suis arrivé dans ce qui semblait être une ambulance. Puis le trou noir me happa à nouveau. La douleur s’envola. Ma dernière pensée fut pour cette fille et tout disparu comme dans un nuage de fumée.

 

 

 

 

 

II






    Quand je repris à moitié conscience je remarqua que je semblais être entrer dans un hôpital en urgence, On entendit des cries de tous côtés. Malgré tout, je pu entendre pour la première fois le son de la voix de mon sauveur … Enfin je ne sais pas si on peut appeler ça un sauveur. Je dirais plutôt mon bourreau. Sa voix rauque retentissait dans mes oreilles en disant qu’il avait besoin de mon corps et celui d’une autre personne présente durant l’accident. Je refusais toujours l’hypothèse que Sophie n’ai pu survivre. L’homme parlait d’un projet nommé Brain Dating, projet dont je vous ai parlé au tout début de mon récit. Les docteurs et ambulanciers présents contestaient le choix de l’homme, cependant, je ne pu écouter la suite, les ténèbres s’emparaient à nouveau de moi et me laissaient longtemps dans le néant.


    J'eus du mal à me lever, les bips de l’oscilloscope raisonnaient dans ma tête comme des marteaux sonnant la cloche d’une église avec frénésie. J’ouvris et refermais les yeux à plusieurs reprises, la salle blanche de l'hôpital m'agressait. C’était comme si un aveugle voyait pour la première fois, enfin, c’était mon hypothèse. Petit à petit, mon ouïe s’adaptait à ce son agaçant et je pu entendre une infirmière sortir de ma chambre en hurlant :


  • Oh mon dieu ! Elle s’est réveillé !


  • Elle ? Pourquoi elle parle de moi au féminin ? pensais-je.


Alors que mes yeux s’adaptaient à ce blanc, je vis entrer deux docteurs, un homme et une femme. L’homme avait, en plus de sa blouse, une chemise bleue marine. Ses cheveux était de couleur grise et mal coiffés. La femme, elle, avait une coupe au carré blonde. l’homme se mit à parler en premier, malgré mon mauvais état, la voix de l’homme me rappelait l’homme qui a voulu de moi pour son projet. Je commençais donc à paniquer, l’idée que cet homme s’était servi de moi pour ses expériences me chamboulait, l’autre docteur tentait de me calmer. Dans les mots qu’il m’avait dit, un seul m’avait interpellé “Mademoiselle”, je répondit juste après en disant avec peur et colère :


  • Non,monsieur !


  • Voilà donc la réponse à nos questions, disait à voix basse l’homme en se frottant le menton, Intéressant tout cela …


Je m’étonnais. Ma voix avait changé, elle était plus aiguë, comme une voix féminine. Pris de panique, je commençais donc à m’agiter, j’avais peur, je voulais savoir ce que ces monstres m’avait fait, j’eus pour seul réponse de la morphine. Peu à peu, mes forces me fuirent, je n’arrivais plus à bouger et mes yeux se fermèrent de nouveau. Je dois dire que je commençais à en avoir marre de partir dans l’obscurité, c’était beaucoup trop répétitif.


    A mon réveille, encore une fois … Je vis de nouveau les deux docteurs, ils avaient attendus que je me réveille pour me parler plus calmement de ce qu’il m’ont fait. L’homme prit la parole, il se nommait Docteur Taylor. Il m’expliquait la situation. J’étais le premier humain à avoir subit l’opération du projet Brain Dating, la femme d’à côté portait le nom de Docteur Denis, celle-ci était beaucoup plus aimable et tentait de me réconfortait. Dr Taylor se mit donc à monologuer à propos de l’opération, il disait que la moelle épinière de mon précédent corps a été sectionnée lors de mon accident, ils avaient donc pu retirer mon cerveau sans problèmes. Après une étude très poussée,Ils en avaient conclue que mon cerveau ne présentait aucune lésion et qu'il était en parfait état de marche. Puis voyant que celui de mon nouveau corps était gravement endommagé et qu'il n'y avait aucune chance d'amélioration, ils avaient décidé d'implanter mon cerveau dans sa boîte crânienne. Pour cela ils durent procéder à une chirurgie extrêmement minutieuse. Après avoir ouvert le crâne de la demoiselle, ils avaient séparée une par une chaque connexions synaptique entre le cerveau et la moelle épinière à l'aide d'un laser ultra perfectionné. Ils ont ensuite relié mes neurones cérébraux à ceux de sa moelle épinière puis ont relancé mon activité cérébrale grâce à des impulsions électriques répétées localisées un peu partout. Il a également fallut rétablir un flux sanguin dans mon cerveau. Mais d’après lui, ce fut là un jeu d'enfant à côté de la première partie de l'opération.

    J’étais stupéfié et terrifié par son discours, comment des hommes pouvaient infliger cela à leurs semblables ? Comment le patient pouvait-il survivre à ce genre de nouvelle ? Après m’être remis de ce choc, un nouveau allait venir. Je les interrogeais sur mon nouveau corps. Le Dr Taylor s’approcha vers moi et me disait avec un grand calme, que le corps que j’habitais désormais, était le corps de Sophie Davos, la fille que j’aurai pu aimer et qui est partie durant cet accident. Je ne voulais pas y croire depuis un moment mais il fallait se rendre à l’évidence. Elle était morte.

    Savoir que j’utilisais le corps de cette fille me dégoûtait, cela était tellement inhumain. De plus, je ne connaissais rien d’elle, ses amis, sa famille, ses études, ses manières, ses goûts. Il me fallait apprendre tout d’elle en si peu de temps, je ne pouvais plus être Mathias Middleton, je ne pouvais plus être un homme.


    Quatre mois ont passé à l'hôpital, il m’a fallu du temps pour que mon cerveau s’adapte à mon nouveau corps. Ce que je trouvais étrange, c’était que la majorité de mes hormones masculines ont disparu alors que les principaux organes sécréteurs d’hormones se trouvent dans le cerveau. On peut dire que désormais j’étais une femme… Une femme avec un esprit d’homme. Perturbant n’est-ce pas, ne vous en faites pas, pour moi, c’est pire. Je m’arrête à ce moment-là, car c’était la première visite médicale de ma nouvelle vie. Et quoi de plus compliqué que de commencer avec la famille. A l’arrivée de la mère et des sœurs de Sophie, la peur montait en moi, je ne savais pas quoi dire. Alors je décidais d’être très vague dans mes réponses, en tout cas, sur les questions personnelles. Une des petite sœur allait vers moi en me saluant gaiement, ne sachant quoi faire, je lui fis un câlin. On pouvait voir sur son visage une très grande joie, je me surpris à lui renvoyer un petit sourire, sans doute un réflexe. Par la suite la mère posa de nombreuses questions sur le fait que je n’avais pu recevoir personne durant quatre mois, et je ne pouvais rien lui dire car le projet Brain Dating était un projet top secret que seul quelques personnes connaissaient, dont moi.

    Après de longues discussions, la mère et les deux filles partirent de la chambre, me laissant ainsi reprendre mon souffle calmement. Que d’émotion en si peu de temps, et je n’étais pas encore au bout des mes surprises.


    Six mois plus tard, je pu enfin sortir de l’hôpital, j’allais découvrir le monde avec mon nouveau corps, dont je me suis habitué, même si j’avais encore du mal avec le problème de toute femme. Les règles étaient atroces, moi qui me moquait presque d’elles quand elles se plaignaient d’avoir mal, je n’aurai jamais imaginer être le premier homme à sentir ce genre de sensations.

    Le Dr Taylor n’allait pas être présent pour assister à ma sortie d’hôpital, il avait une urgence à ce moment-là. Dans ma chambre, je commençais à préparer mes affaires, le Dr Denis m’assistait, il faut dire que cela faisait plus de dix mois que je suis habillé d’un pauvre vêtement de patient et que je n’y connais pas grand chose en vêtements féminins. Pour m’habituer petit à petit, on m’habillait d’un jean noir qui me collait aux cuisses puis se desserrait à partir du haut du mollet. J’eus pour haut une chemise blanche à manche longue et une veste en cuir presque identique à celle que Sophie portait la première fois que l’on s’était vu. Suite à l’opération, mes cheveux avaient dû être coupés, cependant, l’avantage d’être rester ici tout ce temps, m’avait permis de récupérer une certaines longueur. Je fis donc une queue de cheval avec une mèche qui passa non loin de mon œil gauche. Les lunettes que l’on m’avait donné était une parfaite copie des anciennes lunettes de Sophie. Il ne me restais plus qu’une chose, mes papiers d’identités, et autres objets importants. Dr Denis, me donna tout cela et me mettait en garde, mon corps n’était pas totalement rétabli, il lui restait encore 2 mois avant d’être comme neuf. Il fallait donc que je ne fasse aucune activité sportive et autres pratiques qui demande des efforts, que ce soit physique ou mentale.

    Arrivées, à la sortie de l’hôpital, le Dr Denis et moi-même nous serrâmes la main, j’étais plutôt content de ne pas avoir à faire mes adieux au Dr Taylor, je ne pouvais le supporter par rapport au Dr Denis. Ma vie allait reprendre à zéro, enfin à peu près car Sophie avait une vie avant de mourir, il me faut donc la continuer. Malgré ce problème, je ne pu m’empêcher de rester immobile un moment pour apprécier l’air de l’extérieur, cela faisait plus de 10 ans que je n’avais pas senti le vent se frotter sur mon visage. Mais cet instant fut court, je me rappelais de nouveau que cela n’était pas mon visage, que ce n’était pas mon corps.

 

 

 

 

 

III






    Le papier, que m’avait donné le Dr Denis, contenait l’adresse de l’appartement de Sophie, je pu entrer sans problème, si ce n’est que l’une des amies de Sophie habitait juste à côté, et en entendant le verrou de ma porte, la demoiselle sortie avec fracas de son appartement en hurlant “Sophie !”. Elle ressemblait à une geek. Non pas l’apparence du geek présenté à la télévision, cheveux gras, boutons d’acnés avancé, un appareil dentaire, de très grosses lunettes et bien sûr asocial, ce cliché que l’on nous sert depuis 1950. En 75 ans, la mentalité n’a toujours pas évolué … Et pourtant cette fille avait tout d’une fille très charmante et jolie. En faite, elle était le cliché de la geekette que les geeks rêvaient. Sexy avec des lunettes de hipster, cheveux lisses, tenus se résumant à un t-shirt mettant en valeur ses seins et une jupe s’arrêtant à la moitié des cuisses. Malgré ses airs de pin-up faite pour attirer la gente masculine, elle avait quelque chose qui la rendait sympathique. Nous discutions pendant plusieurs minutes à propos de mon absence. Bien sûr je ne lui disais rien, et comme avec la famille de Sophie, je tentai de répondre sans plus aux anecdotes qu’elle me narrait. Les minutes se transformait en une heure et mes jambes commençait à se fatiguer à rester debout dans le couloir. Je lui fis comprendre qu’il fallait que je la laisse pour me reposer, elle comprit et retourna chez elle en me souhaitant un bon rétablissement.


    Je suis entré dans mon appartement, je fus impressionné par la propreté de celle-ci. En effet la mère de mon nouveau corps était venu toute les semaines pour nettoyer l'appartement, un geste fort sympathique de sa part, j’en profitais pour lui envoyer un texto pour la remercier. L’appartement étais assez classique, non extravagant. Je me posais sur le canapé pour pouvoir enfin laisser mes jambes au repos. Cependant malgré ce temps d’arrêt,je me disais qu’il fallait que je parle à quelqu’un. Quelqu’un de confiance, pour lui dire ce qui m’était vraiment arrivé. Je me sentais mal de ne rien dire à personne, il fallait que cela sorte. La seule personne que je connaissais était David, et c’est sans doute la seule personne en qui j’avais confiance.


    Après quelques kilomètres en taxi j’arrivais enfin vers mon ancienne FAC de psychologie. Je sortis du véhicule après avoir payé le chauffeur et je me dirigeais vers les appartements d’étudiant. C’était le numéro 12, et malgré le fait je me sois absentée durant tout ce temps, il n’avait pas fini toutes ses études, même si pour lui, son avenir était incertain, comme le mien à cette instant. Je frappais 5 coups à la porte avec un certain tempo, c’était comme une sorte de code secret pour savoir qui était qui. J’entendis des pas s’approcher de la porte, le cliquetis de la poignet retentissait, je vis apparaître le visage de David. Quelques secondes plus tard, son visage de joie, il pensait sans doute me voir en tant que Matt, se transforma en expression d’étonnement. Il me demanda aussitôt, comment je connaissais le mot de passe que l’on s’était crée. Je lui ai dit qu’il fallait qu’on parle, pour l’aider à me faire entrer, je lui ai dit que c’était à propos de moi, enfin, de mon ancien moi. Il me fit entrer sans réfléchir, il voulait savoir ce qu’il m’était arrivé. Les explications ont duré plus de deux heures, et je pus voir peu à peu le visage de David se transformer de différentes façon. De l’étonnement, de la peur, du dégoût, de la tristesse … Malgré tout il comprit, et me proposa son aide en cas de besoin. Avec humour et pour détendre cette atmosphère pesante, il me demande ce que cela fait d’être une femme, et de nature assez sexy. Je lui répondit que cela était très différent d’un homme, et que je me suis habitué à la souffrance, qui est beaucoup plus présente chez la femme que l’homme. Il me demande par la suite si sur le plan sexuel cela changeait. Je ne savais pas quoi répondre, ce genre de question personnel était plutôt déplacé et dérangeante. Pour réponse, il eut un grognement de ma part. Notre conversation durait jusqu’à la fin de la journée, la nuit commençait à montrer son visage et cela allait être ma première nuit hors de l'hôpital. Je fini donc par laisser David pour pouvoir rentrer chez moi le plus vite possible et éviter la nuit totale, car étant désormais une femme, les pervers sexuels sont beaucoup plus dangereux qu’à l’époque où j’étais encore un homme.


Mon retour se fit donc dans la paranoïa, j’étais stressé, même si le jour était encore présent. La nuit tombait peu à peu et mes peurs s’accentuaient de plus en plus. Il fallait que je me ressaisisse. Par chance, rien ne se passa, j’ai eu plus de peur que de mal. J’arrivais enfin au pallier de mon appartement, en ouvrant la porte, je me sentis rassuré et protégé. Après avoir repris mes esprits, je commençais à m'asseoir sur le canapé et sortis les affaires de cours de Sophie. Il fallait que je me mette dans la peau de celle-ci et donc, par conséquence, suivre l’apprentissage des cours. Elle étudiait la littérature en FAC de lettre, entre étude du Bovarysme avec Flaubert ou encore les romances de Don Juan par Molière. Me remettre dans ce genre de littérature me rappelait les longs cours interminables avec des lectures analytiques et autres analyses complètes sur un roman quand j’étais encore en Littéraire au lycée. Heureusement, je connaissais à peu près ces œuvres. Cependant en voyant les notes de Sophie, cela était différent pour elle, ses notes allaient de neuf à douze. Ce qui est problématique si ses notes augmentent d’un coup ….


Après deux heures à cogiter sur le fait que Charles Bovary était un imbécile naïf et trop gentil, je me dirigeais vers la douche, histoire d’être un minimum propre. Durant cette douche, malgré le fait que cela faisait pas mal de temps que j’avais eu ce nouveau corps, mes pensées me perturbait toujours quand je me lavais. C’était la première fois que je voyais un corps féminin de si près, enfin si, mais pas dans cette angle là. Je me sentais gêné à chaque fois que mes mains frottait délicatement les bras, les hanches, les cuisses, le ventre, les seins …. De plus, à certains passage, je sentis quelques sensations étranges, dès que c’était le cas, je sortis de la douche immédiatement, je ne voulais pas, je ne pouvais pas faire cela. Pour calmer cette ardeur et pour pouvoir me coucher avec sérénité, je pris, avant d’aller au lit, une infusion tilleul menthe. Arrivé à la fin de ma tasse, je me dirigeais vers mon lit. Ce lit était très confortable, je m’y sentais bien, tellement bien que j’en étais presque émoustiller. Mes yeux se fermèrent et le sommeil me gagna. Cependant, peu à peu ma main traversait avec douceur la longueur de mon corps, je ne pouvais pas m’arrêter, j’exprimais en moi un manque. Ma main atteignit alors mon entrejambe. Je me mis à frotter doucement, un frisson me parcouru. La sensation est telle que je ne pouvais vraiment plus m’arrêter, il fallait que j’aille plus loin, je relevais mon chemisier en déboutonnant quelques boutons, puis me massais le sein droit. C’est alors que ma main se trouvant à mon entrejambe se faufilait à travers l’élastique de ma culotte et toucha ce fruit défendu et une douce chaleur se répandit dans mon ventre, les mouvements allaient de plus en plus vite et l’extase de cette sensation me rendit toute chose. Cela était si intense, je n’avais rien ressenti de tel. Mais alors que j’arrivais presque à ce qui semblait être le climax de ce moment, je repris mes esprits. Perturbé, j’arrêtai tout mouvements, me sentant extrêmement stupide et écœuré par ce que je venais de faire, je filais me laver les mains et me passa un coup d’eau sur le visage. Qu’avais-je fais ? …. Je me remis donc dans mon lit et tenta de penser à autre chose, or la nuit allait être longue, entre questionnement et pulsion refoulés….

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Commentaires : 1
  • #1

    Julie (dimanche, 14 septembre 2014 19:05)

    Muahahahahah !